25 août 2026

Burkina Voix

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Ébola en RDC : plus de 2 000 morts, une épidémie hors de contrôle

Ébola en RDC : plus de 2 000 morts, une épidémie hors de contrôle

Le bilan de l’épidémie d’ébola en République démocratique du Congo vient de franchir un seuil tragique : 2 011 décès confirmés, selon les dernières données officielles. Les autorités sanitaires alertent sur la gravité de la situation, qui pourrait s’aggraver pour devenir la pire crise sanitaire jamais enregistrée dans le pays. Les chiffres, publiés en début de semaine, révèlent un total de 4 381 cas confirmés depuis le début de l’épidémie.

La propagation de la maladie s’accélère de manière alarmante. Il a fallu près de deux mois pour atteindre les 1 000 premiers décès, mais seulement trois semaines pour doubler ce chiffre. Cette escalade rapide illustre l’incapacité des équipes médicales à endiguer la propagation, malgré les efforts déployés.

Plusieurs obstacles majeurs entravent la lutte contre l’épidémie. Les conflits armés persistants, les routes impraticables et les mouvements de grève des professionnels de santé bloquent l’acheminement des secours vers les zones reculées. Ces difficultés logistiques aggravent une situation déjà critique.

Un bilan qualifié d’« alarme sanitaire » par le Dr Jean-Marie Akandabo, qui supervise la prise en charge des patients dans une clinique d’Ituri, une province du nord-est du pays. Il insiste sur l’urgence d’intensifier les actions de prévention et de soins dans les localités les plus touchées.

Cette flambée épidémique, la 17e en République démocratique du Congo depuis l’apparition du virus, se distingue des précédentes. Elle est causée par la souche Bundibugyo, pour laquelle aucun vaccin ni traitement approuvé n’existe encore. Les essais cliniques ont débuté dans la région d’Ituri, épicentre de l’épidémie.

Une menace sanitaire sans précédent

Déclarée le 15 mai, cette épidémie a en réalité commencé bien plus tôt. Les analyses génomiques ont révélé que le virus circulait déjà en février. Face à cette propagation incontrôlée, l’état d’urgence a été décrété dans tout le pays.

Le taux de létalité actuel atteint 45,9 %, un chiffre bien supérieur aux 39,6 % enregistrés lors de la pire épidémie d’ébola en Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016. Cette dernière, qui a fait plus de 11 000 morts pour 28 000 cas, reste à ce jour la plus meurtrière de l’histoire.

Les travailleurs humanitaires tirent la sonnette d’alarme. Malgré les efforts de réponse déployés dans les cinq provinces de l’est touchées, l’épidémie continue de progresser. Les grèves des agents de santé, motivées par des salaires impayés depuis le début de l’épidémie, paralysent une partie des opérations. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) souligne que la majorité des nouveaux cas échappent encore à la surveillance des contacts, signe que la transmission reste hors de contrôle.

Soignants en discussion au Centre médical évangélique de Bunia, juillet 2026

Vendredi, des experts de l’OMS ont recommandé le lancement d’un essai clinique à grande échelle avec le vaccin Ervebo, actuellement le seul homologué contre le virus ébola. L’objectif : vérifier s’il offre une protection croisée contre la souche Bundibugyo, responsable de l’épidémie actuelle en RDC. Bien que conçu pour la souche Zaïre, des données préliminaires suggèrent une efficacité potentielle contre cette nouvelle menace.

Deux autres vaccins expérimentaux contre la souche Bundibugyo sont en phase initiale de tests cliniques chez l’humain, tandis qu’un troisième est en développement avancé.

Le Dr Mohamed Yakub Janabi, directeur régional de l’OMS pour l’Afrique, a résumé la situation : « Les autorités sanitaires courent après le virus, qui prend systématiquement l’avantage sur les mesures de contrôle. »

Transmis par contact avec les fluides corporels, le virus ébola provoque une fièvre hémorragique foudroyante. Son identification remonte à 1976, près de la rivière Ébola, dans l’actuelle République démocratique du Congo.