La rupture entre le président Diomaye Faye et son ancien Premier ministre, Ousmane Sonko, semble désormais irréversible. L’annonce de la création prochaine d’un parti politique par le chef de l’État sénégalais confirme cette fracture. Mais cette initiative suffira-t-elle à redéfinir l’équilibre du pouvoir au pays de la Teranga ?
Une scission politique aux conséquences majeures
Les relations entre Diomaye Faye et Ousmane Sonko ont atteint un point de non-retour. Malgré les appuis dont dispose le président – notamment une coalition regroupant plus de la moitié des maires du pays et les leviers de l’État – la question se pose : parviendra-t-il à concrétiser ses ambitions ? Rien n’est moins certain. La récente formation du gouvernement a d’ailleurs révélé les limites de son influence au sein du PASTEF, le parti qu’il a cofondé.
Un parti sous contrôle ?
En Afrique, les dirigeants au pouvoir ont souvent une emprise totale sur les formations politiques qui les ont portés au sommet. Pourtant, dans le cas du PASTEF, c’est Ousmane Sonko, président de l’Assemblée nationale, qui détient désormais les rênes. Les réformes parlementaires récentes ont encore réduit la marge de manœuvre du président Faye, qui ne peut même plus cumuler les fonctions de chef de l’État et de président de parti.
Des calculs politiques à haut risque
La création annoncée du nouveau parti par Diomaye Faye s’inscrit dans une logique stratégique, tout comme Ousmane Sonko avait agi en son temps. Mais cette division pourrait bien se retourner contre le PASTEF. En exacerbant les tensions entre les deux figures, elle risque de fragmenter davantage les militants et de fragiliser l’unité du mouvement. Une balle dans le pied pour le parti, alors que l’opposition pourrait en profiter.
L’instabilité politique, un danger pour le Sénégal
Plutôt que de se concentrer sur les défis économiques et sociaux, les deux leaders du PASTEF semblent s’engager dans une lutte de pouvoir. Cette rivalité pourrait mener à une dissolution de l’Assemblée nationale et, par ricochet, à de nouvelles élections. Or, dans un contexte économique difficile, une telle instabilité risquerait d’aggraver la crise sociale et politique au Sénégal, un pays pourtant cité en exemple pour sa démocratie en Afrique.
Vers une cohabitation forcée ?
Certains observateurs évoquent déjà une cohabitation de fait, tant la crise persiste. Si Diomaye Faye et Ousmane Sonko ne rectifient pas le tir, ils risquent de précipiter leur propre déclin politique. Le pays de la Teranga mérite mieux que ces querelles internes qui éloignent les priorités des citoyens.
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