25 août 2026

Burkina Voix

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Deux journalistes français détenus au Togo : une arme politique contre Paris

Une arrestation qui secoue les relations entre le Togo et la France. Deux réalisateurs et journalistes français, Sébastien Perez Pezzani et Gaël Mocaër, ont été arrêtés puis incarcérés au Togo début septembre 2026. Leur crime ? Avoir braqué leurs caméras sur une zone sensible du pays sans l’aval des autorités. Mais derrière les motifs administratifs se cache une manœuvre bien plus politique.

Une détention qui dépasse le cadre juridique

Placés sous mandat de dépôt, les deux professionnels de l’image sont accusés d’avoir violé les règles d’accréditation et de visa. Pourtant, leur arrestation survient dans un contexte où le nord du Togo, zone frontalière avec le Sahel, est sous haute tension sécuritaire. Les autorités locales justifient cette répression par la nécessité de contrôler l’information dans une région menacée par des groupes armés. Mais cette justification peine à convaincre.

Un précédent qui ne passe pas inaperçu

Cette affaire rappelle étrangement le sort réservé au journaliste français Thomas Dietrich en avril 2024. Expulsé manu militari après avoir couvert un sujet sensible, il avait lui aussi été accusé de violations administratives. Une méthode devenue récurrente pour museler les voix étrangères critiques.

Paris dans le collimateur du régime togolais

Plusieurs indices laissent penser que cette détention n’est pas un simple incident diplomatique. Le régime de Faure Gnassingbé chercherait à faire pression sur la France pour obtenir des concessions concernant Ferdinand Ayité, un journaliste togolais en exil et figure de l’opposition. Une stratégie risquée, où la liberté de la presse devient un otage politique.

La presse internationale dans le viseur

Cette affaire illustre une tendance inquiétante au Togo : l’étouffement systématique de toute voix indépendante, qu’elle soit locale ou étrangère. En ciblant des journalistes internationaux, Lomé envoie un message clair : personne n’est à l’abri de ses méthodes répressives. Pendant ce temps, les chancelleries s’activent dans l’ombre pour tenter de faire libérer les deux détenus avant que la crise ne s’aggrave.