25 août 2026

Burkina Voix

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Crise volaille au Tchad : comment ati lutte contre la hausse des prix

À Ati, dans la province du Batha, la flambée des prix de la volaille s’impose comme une préoccupation majeure pour les familles, les commerçants et les éleveurs. Cette crise, qui fragilise la sécurité alimentaire et l’économie locale, pousse chaque acteur à s’adapter à une réalité économique de plus en plus difficile.

Marché de volailles à Ati, Tchad

Un marché local sous tension

Le marché central d’Ati, autrefois animé par une clientèle régulière, montre des signes de ralentissement. Les cages, autrefois remplies de poulets et pintades, se font de plus en plus vides. Les négociations s’allongent, les clients repartent souvent sans achat, et les prix flambent inéluctablement. En quelques mois seulement, le coût des volailles a grimpé de manière spectaculaire, bouleversant les habitudes de consommation et fragilisant les acteurs de la filière.

Des prix qui explosent, des budgets familiaux qui s’amenuisent

Les ménages, déjà touchés par la hausse générale du coût de la vie, se retrouvent contraints de revoir leurs choix alimentaires. Un poulet, autrefois accessible entre 6 000 et 8 000 FCFA, se négocie désormais entre 10 000 et 15 000 FCFA. Les pintades et coqs suivent la même tendance, avec des hausses pouvant atteindre 200 %. Ces augmentations surviennent à un moment où le pouvoir d’achat des Tchadiens est en net recul, rendant l’accès à une alimentation variée de plus en plus difficile.

Amina Mahamat, mère de famille, témoigne de cette réalité : « Avant, nous pouvions offrir un poulet à nos enfants chaque semaine. Aujourd’hui, c’est devenu un luxe que nous ne pouvons plus nous permettre. Nous nous rabattons sur des alternatives moins coûteuses, même si elles sont moins nutritives. »

Commerçants et restaurateurs en première ligne

Les vendeurs de volailles, comme Issa Hassan, voient leurs revenus stagner malgré la hausse des prix. « Les clients se font rares, et ceux qui viennent négocient sans cesse. Parfois, je vends à perte juste pour écouler mon stock. » Les restaurateurs subissent également les conséquences de cette crise. Pour maintenir leur activité, ils augmentent les tarifs des repas ou réduisent les portions, au risque de perdre une partie de leur clientèle fidèle.

Les éleveurs entre coûts croissants et rentabilité en berne

Côté production, les éleveurs font face à une hausse des charges difficile à absorber. Le prix des aliments pour volailles, des produits vétérinaires et du transport a fortement augmenté. Sans compter les difficultés liées aux pâturages, à la sécheresse et aux maladies qui déciment parfois les élevages. Abakar Abdoulaye, éleveur près d’Ati, confie : « Nos dépenses augmentent chaque mois, et nous sommes obligés de répercuter ces coûts sur les prix de vente. Pourtant, nos bénéfices ne suivent pas. »

Une économie locale qui plie sous le poids de la crise

La flambée des prix de la volaille ne touche pas seulement les ménages et les producteurs. Toute la chaîne économique locale est affectée : transporteurs, revendeurs d’aliments pour bétail, petits commerçants et restaurateurs voient leurs activités ralentir. Certains marchés enregistreraient une baisse des ventes de volailles de 20 à 30 % par rapport à l’année précédente, un chiffre qui, bien que non confirmé, reflète une tendance préoccupante.

Les économistes soulignent que lorsque la consommation recule, c’est toute l’économie informelle, qui représente une part importante du tissu économique tchadien, qui en pâtit. Les revenus des ménages diminuent, tout comme les recettes des petits commerces, aggravant ainsi la précarité des populations.

Appels à l’action pour sauver la filière avicole

Face à cette situation critique, plusieurs acteurs locaux demandent des mesures urgentes pour soutenir la filière avicole. Parmi les solutions proposées :

  • Un accès facilité à des aliments pour volailles à des tarifs abordables ;
  • Le renforcement des services vétérinaires et des campagnes de vaccination contre les maladies aviaires ;
  • Des financements adaptés pour les petits éleveurs ;
  • Un accompagnement technique pour améliorer la production locale et réduire les pertes.

Ces mesures, si elles sont mises en œuvre rapidement, pourraient contribuer à stabiliser les prix, augmenter l’offre de volailles et renforcer la sécurité alimentaire dans le Batha.

Un défi de taille pour les autorités

La crise de la volaille à Ati illustre les difficultés croissantes auxquelles sont confrontées les populations tchadiennes face à l’inflation et à la hausse du coût de la vie. Sans une réponse adaptée et durable, cette situation risque d’aggraver la précarité des ménages et de freiner le développement économique local. Pour de nombreux habitants, l’accès à une alimentation équilibrée devient un combat quotidien, faisant de la régulation des prix des produits de première nécessité une priorité absolue pour les autorités.