21 juillet 2026

Burkina Voix

Média burkinabè indépendant qui donne la parole aux citoyens : actualités politiques, sécuritaires et économiques du Faso.

Crise politique : l’appel de jean-michel nintcheu au conseil constitutionnel

À Yaoundé, la question de l’absence prolongée du président Paul Biya relance les tensions politiques. Depuis son départ pour un séjour privé en Suisse le 7 juin dernier, le chef de l’État camerounais n’est toujours pas revenu sur le territoire national. Une absence de 44 jours qui suscite des interprétations divergentes au sein de la classe politique et de la population.

Sur sa page Facebook, l’opposant Jean-Michel Nintcheu, député et ancien membre du SDF, a franchi un pas décisif en exigeant du Conseil constitutionnel qu’il constate officiellement la vacance du pouvoir. Dans un message publié le 17 juillet, il a déclaré : « Le Conseil constitutionnel doit constater la vacance au sommet de l’État ». Une prise de position qui alimente le débat sur la légitimité du pouvoir en place.

Le RDPC dément toute vacance

Face à ces critiques, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), parti au pouvoir, tente de rassurer l’opinion publique. Christophe Mien Zok, directeur de la propagande du parti, a tenu à rappeler que « le pouvoir n’est pas vacant. Le Lion n’est pas parti ». Une métaphore utilisée pour souligner la persistance de l’action présidentielle, malgré l’absence physique de Paul Biya.

Les signes d’activité du président continuent en effet d’être visibles depuis Genève, où il séjourne. Dernier exemple en date : la signature de télégrammes de félicitations adressés à des homologues étrangers, comme Emmanuel Macron à l’occasion de la fête nationale française le 14 juillet. Une démonstration de continuité qui vise à apaiser les inquiétudes.

Cette situation met en lumière les tensions persistantes entre les partisans d’un pouvoir fort et les opposants qui réclament plus de transparence. Alors que l’état de santé du président de 93 ans reste un sujet de spéculations, la question de la vacance du pouvoir s’impose comme un enjeu central pour l’avenir politique du Cameroun.