25 août 2026

Burkina Voix

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Crise politique en RDC : Tshisekedi face à la détermination de la C64 sur la loi référendaire

En République démocratique du Congo, le président Félix Tshisekedi a récemment transmis la loi référendaire au Parlement pour une seconde lecture, juste avant l’expiration de l’ultimatum lancé par la coalition d’opposition Article 64, connue sous le nom de C64. Cette décision, bien que perçue comme un geste, ne semble pas apaiser les tensions politiques persistantes.

La C64, regroupant une soixantaine d’organisations de la société civile, exigeait du président qu’il abandonne son projet de révision constitutionnelle et, par conséquent, qu’il rejette le texte référendaire avant le 15 août. Elle réclamait également l’instauration d’un dialogue national réellement inclusif. Cependant, à l’approche de cette échéance cruciale, aucune date concrète pour un tel dialogue n’a été annoncée.

RDC, Kinshasa 2026 | La coalition d’opposition C64 fait une déclaration

Un repli stratégique de Tshisekedi face à l’opposition

Alors que l’opinion publique s’attendait à ce que la loi organisant le référendum soit déjà en vigueur, faute de promulgation dans le délai constitutionnel de quinze jours (article 140), le président Félix Tshisekedi a opté pour le renvoi du texte devant les parlementaires. L’objectif est clair : une nouvelle délibération qui intègre les observations formulées par la Cour constitutionnelle.

Pour le professeur Bob Kabamba, expert de l’université de Liège, cette manœuvre présidentielle s’apparente à un recul. Cependant, il souligne que cela ne signifie en aucun cas un abandon des ambitions de Félix Tshisekedi de se maintenir au pouvoir au-delà de 2028, date marquant la fin de son second mandat.

Les précisions de Jean Noel Ba-Mweze

« Il est indéniable que de fortes pressions ont émané de l’opposition, mais également de plusieurs nations de la région. Ces influences, combinées aux consultations menées en coulisses, ont contraint Tshisekedi à reconsidérer sa position, notamment en sollicitant une seconde lecture de cette loi controversée. C’est une concession, certes, mais elle ne l’empêchera pas de chercher d’autres avenues pour espérer franchir le cap de 2028 », analyse le professeur.

La C64 annonce des actions ciblées après le 15 août

Parallèlement, la coalition Article 64 a accueilli favorablement le renvoi de la loi référendaire au Parlement. Néanmoins, elle a clairement signifié son intention de maintenir la pression sur le président congolais. À quelques heures de l’échéance de son ultimatum fixé au 15 août, la C64 envisage de lancer diverses « opérations chirurgicales », sans pour l’instant en préciser la nature.

« Le 15 août à minuit, nous serons contraints de constater l’absence de toute avancée significative. Nous dévoilerons alors des opérations d’envergure, conçues par notre ‘laboratoire’ de la C64, afin de ramener à la raison ce régime qui a entravé nos libertés et menace désormais notre souveraineté nationale », a déclaré avec fermeté Franklin Tshiamala, secrétaire général du Leadership pour la gouvernance et le développement (LGD), le parti de l’ancien Premier ministre Augustin Matata Ponyo.

Le conflit politique s’intensifie en RDC

Du côté du pouvoir, le processus référendaire est toujours défendu comme une initiative politique et institutionnelle légitime. Quant à l’ultimatum de la C64, il est catégoriquement rejeté, considéré comme une injonction inacceptable qui ne saurait dicter l’agenda du chef de l’État.

En RDC, le référendum constitutionnel est-il opportun ?

« Concernant l’ultimatum de la C64, il est essentiel de comprendre qu’il s’agit de leur propre initiative. C’était probablement une démarche destinée à satisfaire leurs soutiens. Mais la République continue de fonctionner normalement », a affirmé Adolphe Amisi Makutano, un cadre influent de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le parti présidentiel.

Le bras de fer politique demeure donc entier. La journée du samedi 15 août pourrait ainsi marquer le début d’une nouvelle phase décisive pour l’avenir politique de la République démocratique du Congo.