13 juin 2026

Burkina Voix

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Crise humanitaire à Niamey : l’expulsion de 26 000 citoyens sans mesures de relogement

À Niamey, l’annonce d’une opération de déguerpissement touchant 26 000 personnes provoque une onde de choc et une indignation profonde au sein de la société civile. En orchestrant cette éviction massive sans prévoir de mesures d’accompagnement ni de plan de recasement, le gouvernement de transition, sous l’égide du général Abdourahamane Tiani, semble privilégier la contrainte au détriment des droits fondamentaux des populations. Cette situation soulève des interrogations majeures sur les priorités de la gestion étatique actuelle au Niger.

Maikoul Zodi, figure éminente de la société civile nigérienne, a exprimé son désarroi face à ce qui s’apparente à une catastrophe humanitaire imminente. Déplacer 26 000 individus équivaut à démanteler l’équivalent d’une agglomération entière en un temps record. Si les impératifs de sécurité ou les projets d’urbanisme sont régulièrement invoqués par les autorités pour justifier de telles démolitions, la brutalité de la méthode employée s’écarte dangereusement des cadres légaux et éthiques.

Un mépris des engagements juridiques nationaux et internationaux

L’exercice du pouvoir ne saurait se limiter à la signature de décrets d’expulsion depuis les instances du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP). La mission première d’un État demeure la protection de ses administrés. Pourtant, en précipitant des milliers de familles dans une précarité extrême, le pouvoir en place s’affranchit des normes juridiques élémentaires.

Le droit positif en vigueur au Niger, ainsi que les traités internationaux relatifs aux droits économiques et sociaux ratifiés par le pays, encadrent de manière stricte la libération du domaine public. Toute procédure de cette importance doit obligatoirement respecter plusieurs étapes clés :

  • La réalisation d’une enquête de commodo et incommodo ;
  • Un recensement exhaustif et rigoureux des foyers concernés ;
  • L’octroi d’une indemnisation équitable et la mise en place d’un plan de relogement viable avant toute intervention physique.

En l’absence de ces garanties, cette initiative est qualifiée d’expulsion forcée, une pratique proscrite par le droit international et considérée comme une violation caractérisée des droits humains.

Des milliers de foyers condamnés à l’errance

Derrière la terminologie administrative de « déguerpissement » se cachent des tragédies personnelles et collectives. Ce sont des milliers d’enfants dont le parcours scolaire est brutalement interrompu, ainsi que des femmes et des personnes âgées projetés sans préavis dans l’itinérance et le dénuement le plus total.

Dans un environnement socio-économique déjà fragilisé, la décision de livrer ainsi des citoyens à eux-mêmes, sans aucune perspective de lendemain, interroge sur la responsabilité sociale des dirigeants. À ce jour, aucune alternative n’a été proposée à ces 26 000 personnes, désormais abandonnées à leur sort dans les rues de Niamey.