17 juin 2026

Burkina Voix

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Centrafrique : martin ziguélé dénonce l’échec économique et appelle à un dialogue urgent

À peine plus de deux semaines après la prestation de serment de Faustin Archange Touadéra, marquant officiellement le début de la VIIe République en Centrafrique, la voix de Martin Ziguélé, figure historique de l’opposition et ancien Premier ministre, résonne à nouveau dans le débat public. Son intervention survient dans un contexte de crise politique persistante, où les tensions entre le gouvernement et les forces d’opposition restent palpables.

Un bilan accablant pour les centrafricains

Depuis son bureau à Bangui, Ziguélé dresse un constat sans appel : après dix années de gouvernance sous le régime actuel, les conditions de vie de la population ne s’améliorent pas. Pire, elles se dégradent selon lui, avec une urgence criante à rétablir un dialogue constructif entre les dirigeants et les représentants de la société civile pour inverser cette dynamique désastreuse.

Des chiffres qui parlent d’eux-mêmes

Pour appuyer ses arguments, l’ancien chef de gouvernement s’appuie sur des données économiques alarmantes. Selon les dernières estimations disponibles, datant de 2016, plus de la moitié de la population centrafricaine vivait déjà sous le seuil de pauvreté (moins de 1 000 francs CFA par jour). En 2026, cette proportion aurait grimpé à près de deux tiers des habitants, un indicateur flagrant de l’aggravation de la précarité.

À cette crise sociale s’ajoutent des problèmes structurels persistants :

  • Accès limité aux services de base : pénuries récurrentes d’eau potable et coupures d’électricité quasi quotidiennes.
  • Infrastructures en lambeaux : un réseau routier délabré, aggravé par la prolifération des barrières illégales qui paralysent les échanges commerciaux.
  • Effondrement du secteur agricole : des filières autrefois florissantes, comme le coton (passant de près de 100 000 tonnes à seulement 2 000 tonnes aujourd’hui) ou le café (dont les données officielles ont disparu), illustrent le recul économique du pays.

Le dialogue, clé de voûte d’une relance nécessaire

Pour Martin Ziguélé, la solution passe inévitablement par un échange sincère et inclusif. Il rappelle que la majorité des Centrafricains réside en milieu rural et subit de plein fouet les conséquences de l’enclavement et de l’effondrement des circuits de production. Bien que Faustin Touadéra ait mis en avant, lors de son investiture le 30 mars 2026, les avancées réalisées durant ses deux mandats, l’opposant estime que ces efforts resteront vains sans une concertation élargie avec toutes les forces vives du pays.

Selon lui, les réformes structurelles indispensables ne pourront aboutir que si les différents acteurs politiques s’engagent dans un processus de négociation transparent, excluant toute exclusion ou marginalisation des parties prenantes.