25 août 2026

Burkina Voix

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Cardinal ambongo et sassou nguesso : un échange crucial sur la crise en rdc

Le Cardinal Fridolin Ambongo et le président Sassou-Nguesso échangent sur la crise en République démocratique du Congo

Le Cardinal Fridolin Ambongo et le président Denis Sassou-Nguesso lors de leur rencontre à Brazzaville.

Une rencontre diplomatique d’importance s’est tenue ce jeudi 9 juillet 2026 à la résidence présidentielle du Plateau, en République du Congo. Le Cardinal Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa, y a été reçu par le président Denis Sassou-Nguesso. Cette audience s’inscrit dans un contexte régional marqué par des tensions persistantes en République démocratique du Congo (RDC), où la sécurité et la stabilité politique restent fragiles.

Cette visite du haut dignitaire religieux fait suite aux consultations engagées par le président burundais Évariste Ndayishimiye, alors président en exercice de l’Union africaine. Celui-ci avait sollicité l’avis des confessions religieuses de RDC ainsi que des acteurs politiques de l’opposition, afin de recueillir leurs analyses sur l’évolution de la situation dans le pays.

Une préoccupation partagée face à l’instabilité persistante

Lors de cet entretien, les échanges ont porté sur les défis majeurs auxquels la RDC est confrontée. Parmi eux, la question d’un éventuel projet de modification de la Constitution, ainsi que la situation sécuritaire dans l’Est du pays. Cette région, en proie à l’activisme de groupes armés et à des tensions récurrentes, subit également les conséquences d’une agression extérieure à travers la rébellion du M23, soutenue par le Rwanda.

À l’issue de cette audience, Monseigneur Donatien Nshole, secrétaire général de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), a partagé les impressions du président Sassou-Nguesso. Celui-ci a exprimé une profonde inquiétude quant à la dégradation de la situation en RDC, qu’il qualifie de « pays frère ».

« Le président Denis Sassou-Nguesso s’est dit très préoccupé par la situation que traverse notre pays. Il considère que, dans le contexte actuel de l’Afrique, la fragilité de la RDC représenterait un enjeu majeur. En tant que pasteur, le Cardinal Fridolin Ambongo porte une responsabilité historique dans la gestion de la chose publique et de la vie humaine. Le chef de l’État congolais a tenu à recueillir son analyse sur la situation », a déclaré Monseigneur Donatien Nshole.

Des échanges préalables avec les autorités congolaises

Le président congolais a également évoqué des discussions antérieures avec le président Félix Tshisekedi. Ce dernier s’était rendu à Brazzaville peu avant cette rencontre, afin d’échanger sur les défis communs aux deux pays. Le président Sassou-Nguesso a partagé avec le Cardinal Ambongo les conseils qu’il avait prodigués au chef de l’État congolais, visant à aider la RDC à surmonter sa crise actuelle.

Un conflit aux conséquences humaines dramatiques

Monseigneur Nshole a également souligné l’urgence de la situation dans l’Est de la RDC, où les affrontements entre forces armées et groupes rebelles continuent de faire des victimes. Les populations civiles payent un lourd tribut, subissant des déplacements forcés et des pertes humaines. « Les gens continuent à mourir sur le champ de bataille, et ce n’est pas une situation anodine », a-t-il rappelé, insistant sur la gravité des conséquences humaines.

L’Église catholique s’oppose à toute révision constitutionnelle

Cette rencontre intervient dans un contexte où l’Église catholique en RDC réaffirme son opposition ferme à toute initiative de modification de la Constitution. Cette position a été officiellement exprimée lors d’un message lu le 20 juin 2026 par Monseigneur Donatien Nshole, au nom de la CENCO. Les évêques congolais estiment qu’« après un profond discernement, ni la nécessité, ni l’urgence, ni l’opportunité de changer la Constitution » ne se justifient aujourd’hui.

Pour la CENCO, les priorités nationales doivent se concentrer sur la paix, le bien-être social et la cohésion nationale. Cette prise de position intervient alors que l’Union sacrée de la Nation, plateforme politique du président Félix Tshisekedi, envisage une révision constitutionnelle. Une démarche fortement contestée par l’opposition et divers acteurs de la société civile, qui y voient une tentative d’affaiblir les règles démocratiques pour permettre au chef de l’État de prolonger son mandat au-delà de la limite constitutionnelle de deux mandats.

Le mandat actuel du président Félix Tshisekedi doit s’achever en décembre 2028, avec une passation de pouvoir prévue pour janvier 2029, selon le calendrier électoral.