28 avril 2026

Burkina Faso : libération de journalistes et militants après des mois de détention illégale

Des journalistes et un activiste du Burkina Faso enfin libérés après des mois de détention abusive

Au début du mois de juillet 2025, les autorités burkinabè ont annoncé la libération de cinq journalistes ainsi que d’un militant des droits humains. Ces personnes avaient été enrôlées de force dans l’armée après avoir critiqué la junte militaire au pouvoir. Bien que cette décision soit accueillie positivement, elle met en lumière une réalité alarmante : d’autres citoyens, toujours portés disparus depuis 2024, restent introuvables.

Une arrestation arbitraire liée à des prises de position critiques

Le 24 mars 2024, à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, les autorités ont interpellé trois membres de l’Association des journalistes du Burkina Faso (AJB), à savoir Guezouma Sanogo, Boukari Ouoba et Phil Roland Zongo. Ces arrestations font suite à leurs dénonciations publiques des restrictions imposées à la liberté de la presse par la junte militaire. Luc Pagbelguem, journaliste pour la chaîne BF1 TV, a également été arrêté pour les mêmes motifs.

Le 2 avril 2024, une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux a montré Guezouma Sanogo, Boukari Ouoba et Luc Pagbelguem en uniforme militaire, confirmant leur conscription forcée. Quant à Phil Roland Zongo, son enrôlement n’a été rendu public qu’au moment de sa libération.

Des disparitions inquiétantes toujours d’actualité

Le 18 juin 2024, Kalifara Séré, commentateur pour BF1 TV, a disparu après une réunion avec le Conseil supérieur de la communication (CSC), l’organe de régulation des médias au Burkina Faso. Son inquiétude portait sur un commentaire où il remettait en cause l’authenticité de photos du chef de l’État. En octobre 2024, les autorités ont finalement admis son enrôlement forcé, aux côtés de deux autres journalistes : Serge Oulon et Adama Bayala. À ce jour, leurs localisations restent inconnues.

Le 29 novembre 2023, Lamine Ouattara, militant au sein du Mouvement burkinabè des droits de l’homme et des peuples (MBDHP), a été enlevé à son domicile par des hommes se présentant comme des agents des services de renseignement. Sa famille a confirmé par la suite qu’il avait également subi une conscription illégale.

La junte militaire instrumentalise l’armée pour museler la dissidence

Selon Human Rights Watch, la junte burkinabè utilise une loi d’urgence controversée pour enrôler de force des journalistes, des militants des droits humains, des magistrats et d’autres détracteurs. L’objectif ? Les réduire au silence et étouffer toute opposition. Pourtant, la conscription ne devrait servir qu’à renforcer la défense nationale, et non à punir des citoyens pour leurs opinions.

Les autorités burkinabè sont tenues de respecter les règles internationales en matière de conscription. Tout enrôlement doit être transparent : les conscrits doivent être informés de la durée de leur service et avoir la possibilité de contester cette obligation.

Face à cette situation, des organisations comme Human Rights Watch appellent à la libération immédiate de toutes les personnes encore détenues illégalement. Elles exigent également la fin de l’utilisation abusive de la conscription pour réprimer la presse et les voix dissidentes.

Que retenir de cette affaire ?

  • Libération partielle : Cinq journalistes et un militant ont été libérés, mais d’autres restent portés disparus.
  • Conscription abusive : La junte utilise l’armée pour punir les critiques, en violation des droits humains.
  • Appel à l’action : Des organisations internationales demandent la fin de ces pratiques et la libération de tous les détenus illégalement.