Une souveraineté alimentaire en miettes : le Burkina Faso dépend des dons étrangers
Malgré les discours martiaux sur l’autonomie alimentaire, le Burkina Faso reste sous perfusion humanitaire. Récemment, 2 422 tonnes de riz pakistanais ont été livrées pour soulager une population en proie à une crise alimentaire persistante. Un paradoxe criant pour un pays dirigé par une junte militaire, le MPSR, qui avait misé sur la production locale comme pilier de sa légitimité.
Des promesses non tenues face à une réalité accablante
Plus de 3,5 millions de Burkinabè dépendent aujourd’hui de l’aide internationale pour survivre, un chiffre qui illustre l’échec cuisant des autorités à assurer la sécurité alimentaire. Les dons de riz, de Chine et du Canada s’ajoutent à cette liste croissante de soutiens, révélant une stratégie de survie plutôt qu’une politique de développement durable.
L’insécurité, principal frein à la production agricole
Les zones du Nord et de l’Est du pays, les plus touchées par les violences, sont également les plus dépendantes de l’aide extérieure. La militarisation de la gestion de crise et le blocus des régions par les groupes armés ont transformé d’anciennes terres fertiles en déserts agricoles. Résultat : plus de 2 millions de personnes déplacées et des cultures abandonnées, aggravant une crise déjà critique.
Selon le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), certaines localités frôlent la phase 4 (urgence humanitaire), avec plus de 600 000 enfants menacés de malnutrition aiguë d’ici fin 2024.
Transparence et efficacité de l’aide : des doutes grandissants
La gestion des dons, confiée au ministère de l’Action humanitaire, soulève des questions. Les partenaires internationaux s’interrogent sur l’équité des distributions, d’autant que la militarisation de la crise et les tensions avec les ONG nuisent à la confiance. Le Plan de réponse humanitaire 2026 n’est financé qu’à 18 %, reflétant une méfiance croissante envers la junte d’Ibrahim Traoré.
Alors que la saison des pluies approche, le riz pakistanais offre un répit temporaire. Mais pour la population, l’heure n’est plus aux discours, mais à des solutions concrètes. La souveraineté alimentaire ne se décrète pas : elle se construit dans des champs sécurisés et des politiques agricoles cohérentes.
Plus d'histoires
Patrice talon et son héritage routier : plus de 2000 km de bitume au bénin
Kemi seba extradition : le bénin renforce ses accusations contre l’activiste
Bénin : quatre projets industriels majeurs validés par le gouvernement