12 mai 2026

Blocus routier vers Bamako : les voyageurs malien pris au piège

Mali : le blocus des axes routiers vers Bamako paralyse les déplacements

Depuis plusieurs semaines, le Mali fait face à un blocus des principales routes menant à Bamako, imposé par le Jnim (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans) après les attaques survenues fin avril. Ce blocage, qui vise à affaiblir le pouvoir central, a des répercussions majeures sur les déplacements des voyageurs et le transport des marchandises.

Camions incendiés sur les axes routiers menant à Bamako

Des véhicules incendiés et des trajets perturbés

Les djihadistes du Jnim ont incendié plusieurs camions et bus en direction de la capitale malienne la semaine dernière. Résultat : des centaines de passagers se retrouvent bloqués dans des villes frontalières comme Nouakchott ou Diéma, où les compagnies de transport ont dû suspendre leurs liaisons vers Bamako. Certaines ont même cessé toute activité par précaution.

Un responsable d’une compagnie réputée, basée à Bamako et desservant plusieurs pays voisins, confirme que deux de leurs véhicules ont été brûlés et qu’une dizaine d’autres sont immobilisés à l’étranger. Les trajets, autrefois rapides, s’allongent désormais de plusieurs jours, voire deviennent impossibles.

Des témoignages accablants

Mody, un migrant malien originaire de Mauritanie, raconte son périple mouvementé :

« Nous avons quitté Nouakchott jeudi dernier à 7 heures du matin pour arriver à Gogui, à la frontière, seulement à 23 heures. Les transporteurs nous ont prévenus que la route était risquée. Nous avons passé trois nuits sur place avant qu’un convoi militaire ne nous escorte. Finalement, nous avons dû partir sans protection et avons appris que les bus qui nous précédaient avaient tous fait demi-tour sur ordre des djihadistes du Jnim. »

Seyba, un sexagénaire venu de Ségou pour des obsèques, vit la même situation :

« Je devais rentrer à Ségou, mais aucune compagnie ne propose de billets. On nous dit que la route est dangereuse. J’ai tenté ma chance dans quatre autres sociétés, en vain. Si je ne trouve pas de solution, je devrai rester à Bamako plus longtemps que prévu. »

Une suspension des activités pour les compagnies de transport

Face à cette insécurité persistante, plusieurs transporteurs ont décidé de suspendre leurs liaisons vers Bamako. Un gérant de compagnie témoigne : « Nous avons perdu cinq de nos bus samedi dernier, brûlés par les hommes du Jnim. Pour l’instant, nous ne pouvons plus garantir la sécurité de nos passagers. »

Cette situation aggrave les difficultés logistiques et économiques du pays, déjà fragilisé par la crise sécuritaire. Les voyageurs, qu’ils soient locaux ou transfrontaliers, doivent désormais anticiper des retards importants ou trouver des alternatives pour rejoindre la capitale malienne.

Que faire face à ce blocus ?

Les autorités maliennes et les compagnies de transport appellent à la prudence et recommandent aux voyageurs de :

  • Se renseigner en amont sur l’état des routes via les canaux officiels ou les transporteurs locaux.
  • Éviter les trajets de nuit, jugés plus dangereux en raison des risques d’attaques.
  • Prévoir des solutions alternatives (covoiturage, vols intérieurs si disponibles) pour contourner les axes bloqués.
  • Rester informé des annonces des autorités et des groupes armés pour adapter ses déplacements.

Le blocus des routes vers Bamako illustre une fois de plus l’impact dévastateur du terrorisme sur la vie quotidienne au Mali. Alors que les négociations pour une résolution pacifique traînent, les populations subissent les conséquences d’un conflit qui semble s’enliser.