20 mai 2026

Burkina Voix

Média burkinabè indépendant qui donne la parole aux citoyens : actualités politiques, sécuritaires et économiques du Faso.

Abidjan 2026 : l’Afrique dessine les contours de sa souveraineté numérique

Pendant quatre jours, Abidjan devient le centre névralgique de la gouvernance numérique africaine. La capitale ivoirienne accueille depuis le lundi 18 mai 2026 la neuvième conférence internationale du Réseau africain des autorités de protection des données personnelles (RAPDP). Cet événement majeur rassemble plus de trente pays d’Afrique et d’Europe, incluant vingt-quatre délégations africaines, aux côtés d’experts de renommée mondiale, d’acteurs du secteur privé et d’institutions spécialisées. Le ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, Djibril Ouattara, a officiellement lancé les travaux, qui se concentreront sur les problématiques cruciales de l’intelligence artificielle, des plateformes en ligne et des données biométriques sur le continent.

L’objectif principal de cette rencontre est l’adoption de la Déclaration d’Abidjan 2026-2030. Ce document stratégique doit établir les orientations fondamentales de la gouvernance numérique pour les années à venir, en parallèle du renouvellement des instances dirigeantes du réseau. Amadou Hiro, président du RAPDP, a lancé un appel à une action concertée pour construire une souveraineté numérique africaine authentique, reposant sur une coopération solide entre les États. Le ministre a, pour sa part, mis en exergue le thème de la conférence, « Réguler sans freiner l’innovation », invitant les participants à concevoir un cadre réglementaire équilibré, en phase avec les réalités du continent, qui protège les citoyens sans entraver le progrès technologique.

Au cours des discours d’ouverture, Roger Félix Adom, président du Conseil de régulation de l’Autorité de régulation des télécommunications/TIC (ARTCI), a insisté sur les aspects humains et sécuritaires de la gestion des données. Il a rappelé que la protection des informations personnelles transcende les simples questions techniques ou légales pour toucher au cœur de la vie privée, de la dignité et de la liberté des individus, ainsi qu’à la confiance qu’ils placent dans l’État. Il a affirmé que la régulation ne devait pas être perçue comme un obstacle, mais comme un cadre protecteur essentiel pour stimuler une innovation responsable au sein de l’écosystème numérique.

Pour illustrer la mise en œuvre de ces principes, l’exemple de la Côte d’Ivoire a été présenté. Le pays a franchi plusieurs étapes décisives, notamment avec l’adoption d’une loi sur les données à caractère personnel en 2013, le déploiement de campagnes de sensibilisation dès 2015, la réalisation de contrôles de conformité en 2022 et l’instauration de normes simplifiées. L’année 2026 constitue un nouveau jalon avec la création du fichier national des correspondants à la protection des données. Cette démarche s’aligne sur l’ambition commune des régulateurs africains de s’exprimer d’une seule voix face aux transformations technologiques mondiales.